Cette rubrique est destinée à annoncer les nouvelles publications de Jean Genet et sur Jean Genet, en les commentant brièvement. Les éditeurs ont invités à bien vouloir nous faire parvenir un exemplaire des livres afin que nous puissions en rendre compte. Merci beaucoup.
Les rubriques Livres et Essais proposent des lectures critiques plus approfondies de ces nouveaux ouvrages.
Nous signalons aussi les émissions de radio consacrées à cet écrivain, éventuellement avec des liens permettant de les écouter.
Les auteurs développent librement une opinion qui n'engage qu'eux-mêmes.
Patrice Bougon

Mise à jour, le 28 avril 2008
Un volume collectif d'essais sur Genet est en préparation sous la direction de Aurélie Renaud, Agnès Vannouvong et Frieda Ekotto. Parution aux USA et en Italie dans quelques mois. Nous indiquerons prochainemment le sommaire et les coordonnées de l'éditeur.
Mise à jour, le 4 avril 2008
Dans L'humanité, le 3 mars 2008, article de Charles Silvestre :
Le violon en carton de Jean Genet
Dialogue.
À la Maison de la poésie, Alexandre Romanes convoque Jean Genet, le poète, l’ami.
Mon premier est un écrivain fabuleux du siècle des révolutions. Nom : Jean Genet. Mon second a été dresseur de fauves, du nom de Bouglione, avant de répudier les siens, sa « famille Cadillac », et, sous son propre chapiteau, de passer à la chèvre. Prénom : Alexandre (Romanes). La vie à deux d’Alexandre Bouglione et de Jean Genet, dans les années 1970-1980, jusqu’à la mort de ce dernier, est certainement l’une des aventures les plus piquantes et les plus prometteuses de cette époque. Elle est la base d’une rencontre unique, à tous points de vue, organisée à la Maison de la poésie, à l’occasion des représentations du Funambule mis en scène par Pierre Constant (1).
Dans le théâtre, le cirque : un praticable carré tendu de blanc, des « cordes » en tissu bordeaux, des acrobates, des musiciens. Et, surtout, la famille tzigane campant dans le lieu : assis sur les bords de la scène, enfants circulant autour, traversant l’avant ou l’arrière. Genet voyait dans le cirque l’expression la plus haute du spectacle vivant. Il tomba un jour, à Paris, boulevard de Clichy, sur Alexandre faisant son numéro à l’échelle. Ils ne se quittèrent plus. Le poète, féru du cirque de Pékin, imagina un spectacle de quatre heures, avec cheval andalou et cygne noir, qui ne vit jamais le jour mais occupa leur temps.
Jean et Alexandre se retrouvaient un jour sur deux.
Ils parlaient de tout. Le premier adorait la blague : « J’en connais un qui serait gêné si Jésus revenait sur terre : le pape ! » Ou se moquer des célèbres : « Mitterrand, un chauffeur de maître », « Barthes, un remueur de salade ». Alexandre a attrapé le virus : « Dans un train en Espagne, des jeunes Tziganes font irruption et lancent aux voyageurs : sortez votre argent, vous avez le choix, on sort soit les couteaux, soit les guitares. Les voyageurs : les guitares ! » (2). Plus sérieux : « Genet avait de la sympathie pour le Parti communiste français, je le dis, même si c’est à contre-courant aujourd’hui, parce que c’est la vérité. »
Bizarre ce compagnonnage du « vieux » poète et du jeune Tzigane, penseront certains. Forcément, il devait bien y avoir, concernant l’homosexualité du premier, une histoire de sexe, non ? C’est sous-entendu dans la question qu’on pose « innocemment » au Tzigane : « Quel âge aviez-vous quand il vous a rencontré ? » Alexandre « Non, je n’ai pas été son amant, si c’est cela que vous voulez dire »… Abdallah, le funambule, lui, si, mais pas Alexandre, c’est comme ça. Les clichés ne conviennent ni à Genet, ni à d’autres…
Et pas plus le cliché littéraire que les autres ! Quand le maître des cérémonies cite les bons auteurs, le violon tzigane fait entendre, malicieux, son crincrin. Où l’on apprend que Genet s’était fabriqué un violon en carton, gosse, avant le grand voyage… Comme si, déjà, le nomade qu’il fut se préparait dans les rêves de l’enfant. Le cirque tzigane d’Alexandre Romanes (3) était certainement en germe dans ces rêves. Avec tous les sans-patrie, les sans-terre, qu’il rencontra, chez les Black Panthers, les Palestiniens, les Sahraouis. Genet, moqueur, mais fraternel, moqueur parce que fraternel.
(1) Le Funambule, texte de Jean Genet, mis en scène par Pierre Constant, jusqu au 13 avril 2008, du mercredi au samedi,à 19 heures.
Maison de la poésie. Tél. : 01 44 54 53 00.
(2) Paroles perdues, NRF Gallimard.
(3) Le cirque d’Alexandre Romanes sera de retour,
à Paris, à partir du 11 avril, porte Champerret.
Tél. : 06 88 09 22 67.
15 Mars 2008
Signalons, à nouveau, à la Maison de la poesie, jusqu'au 13 avril 2008, le spectacle de Pierre Constant, une manière de lire en mettant en scène Le funambule, texte de Genet dédié à son ami funambule Abdallah :
http://www.maisondelapoesieparis.com/SITE/spip.php?article355
10 mars 2008
Signalons la sortie du double cd de Michaël Lévinas (né en 1949), Sisyphe.
LES NEGRES
Opéra en 3 actes (2004) sur un livret du compositeur
d’après la pièce éponyme de Jean Genet (Gallimard, 1958)
La Reine : Wendy Waller
Félicité : Bonita Hyman
Village : Hans Voschezang
Le Valet : Colenton Freeman
Vertu : Maureen Brathwaite
Djouf : Fabricio di Falco
Neige : Timuke Olafimihan
Le Missionnaire : Mark Coles
Bobo Lori Brown : Mirabal
Archibald : Herbert Perry
Le Juge : Brian Green
Le Gouverneur : David Lee Brewer
Ville de Saint Nazaire : Jean-Richard Fleurençois
Réalisation informatique IRCAM Gilbert Nouno
Orchestre de la Suisse Romande, dir. Bernard Kontarsky
Sisyphe 009
Enregistré à Genève en avril et mai 2004 – Durée : 108’33
18 février 2008
On vient de nous signaler cette parution du critique et écrivain François Bizet. Toute note de lecture est bienvenue.
Bizet, François
Une Communication sans échange. Georges Bataille critique de Jean Genet , 2007
440 p. , 65 euros.
ISBN 978-2-600-01174-7
ISSN 0073-2397
prix hors taxe USD 82.00
Georges Bataille – pour qui la «communication profonde veut le silence» – a successivement défendu et désavoué l’auteur du Journal du voleur. Des deux articles qu’il lui consacre, le second est le seul qui ait connu une postérité, car il figure dans
La Littérature et le Mal. La teneur en est nette et sans appel: l’oeuvre de Jean Genet est un «échec», elle contrevient aux exigences de la communication. Une telle sévérité tranche avec la défense sans réserve, quelques années plus tôt, de Haute Surveillance. Pour quelles raisons Bataille révise-t-il de manière si drastique, entre 1949 et 1952, son jugement sur Genet? L’objet de cet essai est d’éclairer le mystère de cette volte-face. Outre l’effet majeur de l’intervention de Jean-Paul Sartre et de sa préface, Saint Genet, comédien et martyr, François Bizet interroge la possibilité d’un rejet plus profond, lié au jeu des affects, que seul un examen attentif des textes, replacés dans le contexte intellectuel qui les a suscités, peut faire apparaître. Ce qui est appelé ici «communication» sans échange ne désigne toutefois pas seulement les rapports complexes et conflictuels des deux philosophes, mais bien la relation littéraire telle que la concevait le poète Jean Genet, lequel, dans les années 1960, las de la polémique dont il avait été l’objet, déclarait écrire «pour l’innombrable peuple des morts».
1 février 2008
Le mardi 5 février à 19 heures, dans la grande salle de la Maison de la poésie :
Le Condamné à mort de Jean Genet sera lu par Olivier Py. Ce poème, le premier de Jean Genet, a été écrit à l’automne 1942 alors qu’il était incarcéré à la prison de Fresnes. Il est dédié à la mémoire de Maurice Pilorge, « assassin de 20 ans » :
Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglote accroché dans un arbre,
La colonne d’azur qu’entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours
Cette lecture sera suivie de la projection de Un chant d’amour, film muet en noir et blanc de 25 minutes, écrit et réalisé par Jean Genet en 1950.
Maison de la Poésie :
Passage Molière 157, rue Saint-Martin 75003 Paris.
Renseignements : 01 44 54 53 00 (du mardi au samedi de 14 heures à 18 heures).
Prix des places : Plein tarif : 10 € . Tarif réduit : 5 € (Pass Poésie)
Cette soirée fait écho au spectacle Le Funambule de Jean Genet mis en scène et interprété par Pierre Constant du 17 janvier au 14 avril 2008 et à l’exposition consacrée à Jean Genet Le Bleu de l’œil conçue par Pierre Constant et Ghislain Uhry présentée à la Maison de la Poésie jusqu’au 17 avril 2008.
(Source Remue.net, Dominique Dussidour - 28 janvier 2008 )
7 décembre 2007
Un colloque international Jean Genet s'est tenu à Miami, en novembre 2007, voir Rubrique Colloques.
5 décembre 2007
Un entretien intéressant avec Dominque Edde, auteur de l'essai très intéressant, voir la Rubrique Essais
le 27 septembre 2007
Les éditions L'oeil d'or nous signalent la parution, le 1 mars 2007, de
Petite Mystique de Jean Genet. La famille, la mort, le pardon , de Jean-Luc A. d'Asciano
Présentation de l'éditeur :
Le sujet central de l’œuvre de Genet, ce n’est ni le mal, ni la sainteté, la politique ou l’homosexualité mais la mort. Être mort, parler par-delà le monde des morts, donner la parole aux morts. Genet est un janséniste qui se place du côté de ceux à qui la grâce fut refusée dès la naissance. Sans salut dans l’au-delà, ces hommes sont dès le premier jour de leur vie des cadavres errants et abjects, des non-êtres sans avenir. Genet est scandaleusement métaphysique par cette première affirmation – être impardonnable, c’est être mort – puis par sa volonté d’accorder sa grâce à ces bannis. Pour cela, il crée une langue qui tresse le champ lexical de la poésie à ceux du catholicisme et de l’interlope : elle mêle la rose et la Vierge au meurtre et à la merde. À travers ce jeu formel, où le bien et le mal s’équivalent, hyperboles et métaphores s’efforcent de faire sens afin d’offrir un verbe qui réaffirme le droit à la parole, le pouvoir du locuteur, mais aussi de l’interlocuteur : être entendu est un préalable à toute grâce. Cette langue est donc opératoire : sa force poétique permet de nommer les morts, de les inscrire dans une famille et à nous, lecteur, de porter leur deuil.
Éditions L’Œil d’Or
97, rue de Belleville
75 019 Paris
Tél : 01 53 19 14 52
Fax : 01 53 19 78 26
Email:loeildor@free.fr
L'Oeil d'Or
www.loeildor.com
25 mai 2007
"Jean Genet ou les revers du genre", par Agnès Vannouvong sous la
direction de François Noudelmann, université de Paris 8.
La soutenance aura lieu lundi 18 juin à l'Université de Paris 8
14h30, salle D002 (Bâtiment D)
2, rue de la Liberté, 93526, Saint Denis,
Métro Saint Denis Université
Composition du jury :
Monsieur François Noudelmann, directeur de thèse (Université Paris 8)
Monsieur Albert Dichy (Directeur littéraire, IMEC)
Madame Evelyne Grossman (Université Paris 7)
Madame Mairéad Hanrahan (University College London)
Monsieur Robert Harvey (State University of New York, Stony Brook)
RESUME :
"Jean Genet ou les revers du genre"
(Esthétique du genre et mise en scène de l'identité dans le théâtre de
Jean Genet)
Revers, envers, travers. Frontières, entre-deux, écarts. Autant de
termes qui énoncent l'instabilité des postures et des représentations
que Jean Genet fictionnalise. Dans son œuvre, le bas côtoie le haut,
le masculin s'incorpore au féminin et inversement, l'envers se frotte
à l'endroit, le religieux fréquente le sexuel.
Notre thèse, intitulée « Jean Genet ou les revers du genre », examine
comment l'auteur met en scène une poétique de l'ambiguïté à travers un
polymorphisme sexuel. Le point de départ de cette recherche montre, au
plan de la représentation, comment le dramaturge, à travers des
figures travesties et androgynes, produit du jeu et de l'écart
identitaire dans sa construction de l'image sexuée. La démarche
choisie s'inscrit dans une approche déconstructionniste qui permet
d'établir une critique du système paradigmatique des normes.
Dans la première partie, l'image et le jeu sur le matériau visuel
occupent une place centrale. La deuxième partie montre comment le
dispositif théâtral est construit sur un modèle de surveillance qui
questionne le statut du spectateur. La troisième partie, axée sur une
écriture de la transgression et du mal, précise les traits d'une
esthétique polysexuée qui exhibe la circulation des identités
sexuelles, sociales et imaginaires, en truquant les images et en
piégeant l'identification visuelle. Enfin, la quatrième partie se
penche sur la façon dont Genet sort du jeu et esquisse une poétique et
une politique des identités et du genre en tant que construction
socioculturelle. L'auteur capte le caractère métamorphique de
l'identité, fait et défait les genres, mettant ainsi au jour la
déliaison du sujet. Cette œuvre, inclassable, dérange car elle parle
de l'humain, de la fluence des identités qui déstabilise les repères,
de l'énergie pulsionnelle qui s'incarne dans un objet de désir qui
peut être féminin, masculin ou relevant d'un troisième genre.
Mise à jour, 23 mai 2007
Un nouveau livre sur Genet ( source Fabula ). Nous n'avons pas encore reçu le livre.
Drew JONES, Jean Genet at the Crossroads: Blurring the Lines of Binary Opposition, Lewiston, Mellen Press, 2007, 120 p.
SUMMARY
This work analyzes the specific way in which certain binary oppositions are collapsed in the work of Jean Genet, the twentieth-century French writer and political activist. The way in which Genet constructed characters is essential to a proper interpretation and understanding of character traits such as homo- and heterosexuality, blackness and whiteness, masculine and feminine identity. This book approaches the operation of language in Genet’s texts through the lenses of deconstructionism, feminist theory, queer theory, and postcolonial theory. Though the work focuses on Genet, an addition to its appeal is made by the fact that it treats other major twentieth-century thinkers as well: Sartre, Derrida, Cixous, and Irigrary, among others.
CONTENTS
Preface by Lawrence R. Schehr
Acknowledgements
Introduction
1 Fiction/Truth: “Genet”
I. Sartre and “Genet”
II. Genêts en fleur: Derrida
2 Masculine/Feminine: Characterization and Gender Identity in Notre-Dame-des-Fleurs
I. Character Construction in Notre-Dame-des Fleurs
II. The Flaming St. Divine
3 Black/White: Feminine Forces and the Subversion of Dominant Discourse in Les Nègres
I. Feminine Writing and Subversive Mimicry
II. Playing with Mimesis: Les Nègres
III. Masculine and Feminine as Forces in Theater
4 Colonizer/Colonized: The Role of Colonial Language in Les Paravents
5 Homo/Hetero: Naming and Sexual Identity in Querelle de Brest
I. Freedom and the Evasion of Sexual Identity
II. Homosexuality as Textual Construct
Conclusion – Jean Genet: Queer
Bibliography
Index
ABOUT THE AUTHOR
Dr. Drew Jones is an Assistant Professor of French at Queens College CUNY. He received his Ph.D. from the University of Wisconsin – Madison. Dr. Jones has published articles on Jean Genet and Jean Cocteau, and is currently at work on a book which will examine the writings and political activities of gay writers in France during World War II.
4 avril 2007
Nous avons reçu un essai très intéressant de Dominique EDDE, Le crime de Jean Genet, Seuil, mars 2007, 142 pages, 15 euros.
A la fois témoignage et étude originale, ce livre ouvre de nouvelles pistes de lecture notamment sur le rapport entre Genet et Dostoievski, la question du père, notamment. Il s'agit aussi d'une analyse du politique chez Genet, sans concession.
Nous y reviendrons. Toute note de lecture est bienvenue.
Signalons que sur France Culture, l'émisson Les mardis littéraires animée par Pascale Casanova, mardi 3 avril 2007, de 10 à 11 heures évoquera cet essai en présence de l'auteur. A écouter donc.
14 mars 2007
Eric Marty a publié un droit de réponse à l'article de René de Ceccatty, ici cité, dans Critique, N°718, mars 2007, pp. 209-220.
Le débat continue. Nous n'avons pas encore lu cette réplique. A suivre.
29 janvier 2007
Alexis Lussier, Université du Québec à Montréal est l'auteur d'une étude JEAN GENET: L'ECRAN DU DESIR, parue dans l'excellente revue TRAFIC, dirigée par Raymond Bellour, P.O.L, N° 58, 2006, p. 43-52. Nous attendons de la recevoir bientôt pour en parler.
20 décembre 2006
Jean Genet antisémite ? Sur une tenace rumeur. Tel est le titre de la longue étude, signée René de Ceccatty, qui ouvre le dossier Littérature et antisémitisme, de la revue Critique, N° 714, novembre 2006, p. 895-911.
René de Ceccatty conteste, de façon fort argumentée, les thèses des livres Marty et Jablonka. C'est la première réplique développée à ce qui est effectivement devenu une rumeur dans de nombreux médias. Le débat est donc enfin ouvert dans une revue universitaire.
Paris, le 16 août 2006
Un essai de Lydie Dattas vient de paraître.
LA CHASTE VIE DE JEAN GENET 2006 , 224 pages, 140 x 205 mm. Collection blanche, Gallimard, mai 2006, 18,50 €
Disons d'emblée que le genre de cet essai est différent de tout ce que nous avons pu lire dans la mesure où Lydie Dattas semble avoir été très familière avec la personne de l'auteur et que la relation avec l'oeuvre n'est ni universitaire, ni de l'ordre du simple essai. Il s'agit, pour une part, d'une autobiographie relatant l' expérience d'une amitié sans doute ambivalente, à certains moments.
Le style même du commentaire de Lydie Dattas, très métaphorique, peut séduire, mais aussi provoquer une réserve. L'auteur de cet essai prend position et dit ses préférences pour certaines oeuvres en proposant un jugement sur son évolution
La part du témoignage, qui ne se prive pas de critiquer tel acte ( le rapport de Genet à tel ami abandonné , éclaire le contexte de la rédaction de certains textes politiques de Genet. Une sorte de biographie rêvée, construite à partir des textes de Genet, nous est proposée, elle ne vise pas la vérité historique, mais une reconstruction imaginaire dans laquelle la figure du Christ apparaît essentielle.
Patrice Bougon
Toute autre note de lecture sur cet essai est bienvenue.
Japon, le 11 juillet 2006
René de Ceccatty, journaliste au Monde, écrivain, traducteur, auteur de plusieurs études sur Jean Genet vient de publier une réplique aux deux critiques Eric Marty et Ivan Jablonka dans L'humanité, Les lettres françaises, le 1 juillet 2006. Nous donnons à lire cet article dans la rubrique Essais, destinée à la critique des essais consacrés à Jean Genet.
Japon , le 15 juin 2006
Un article de Patrick Kéchichian, paru dans Le Monde des livres, 8 juin 2006, rend compte du livre de Eric Marty Jean Genet, postscriptum, Verdier 2006, en écrivant une phrase qui, malheureusement, répand une rumeur peu fondée. << En décembre 2002, l'étude de Marty parue dans Les Temps modernes sur "Jean Genet à Chatila" (reprise dans Bref séjour à Jérusalem, Gallimard, "L'Infini", 2003) avait fâché et suscité une polémique sur l'antisémitisme de l'écrivain, patent dans son engagement propalestinien>>. Il est temps que des universitaires ouvrent le débat sur le supposé antisémitisme de Genet.
Le lundi 21 mai 2006, l'émission de Arnaud Laporte, Tout arrive, de 12.30 à 13.30, nous a permis d'entendre un vif débat concernant Genet.
Présentation du site de France Culture
<
En deuxième partie, on se penche plutôt sur le travail de Genet pour le théâtre, ou comment les thématiques dramatiques diffèrent considérablement de celles qu'il aborde dans ses romans.
Mais, autour de l'oeuvre et de ses motifs, il y a vite quelques tensions et divergences dans les interprétations qu'en donnent pour nous René de Ceccatty, Ivan Jablonka et Eric Marty : sur ces points, la fin de la table ronde est pour le moins "animée", avec regards variés et contradictoires sur Genet dans son rapport à l'antisémitisme et à Hitler.>>
Invités :
Raphaël Caussimon. Il est le producteur du coffret Jean Genet : un chant d'amour.
Antoine Bourseiller. Il est metteur en scène, il vient de mettre en scène Le Bagne.
René de Ceccatty. Il est écrivain. Il a écrit un texte dans le catalogue de l'exposition Jean Genet de Tours.
Ivan Jablonka. Il est l'auteur des Vérités inavouables de Jean Genet, Seuil, 2004. Présentation de l'éditeur : Cet essai biographique écrit par un historien propose une nouvelle approche de la vie et de l'oeuvre de Genet. Au-delà de l'image populaire de l'écrivain, délinquant, homosexuel revendiqué, admirateur des grands criminels, auteur de génie qui s'est efforcé de subvertir la morale judéo-chrétienne, se dessine un portrait bien différent : l'étude de son dossier à l'Assistance publique révèlerait un personnage antisémite, fasciné par le nazisme.
Eric Marty , auteur deJean Genet, post-scriptum, Verdier - 2 février 2006.Présentation de l'éditeur:
<
La question antisémite posée dans ce recueil, loin d’être une chasse aux sorcières dont Genet serait le gibier, vise tout simplement à le lire, si le lire vraiment c’est l’ouvrir à une vérité que d’une main il tente d’écrire quand de l’autre il tente de l’aveugler, si le lire ne peut s’accomplir sans lui faire, d’une certaine manière, violence, et s’il est vrai que cette violence est la seule empathie que son écriture supporte et à laquelle elle aspire.>>
Japon, le 16 mai 2006
Un nouveau livre de Eric Marty, Jean Genet,post-scriptum, Verdier, janvier 2006, et un article du Monde, daté du 14 avril 2006, Jean Genet, sa part d'ombre,de Ivan Jablonka saluent, de façon polémique, l'anniversaire de la mort de Genet.
Signalons que Jablonka est l'auteur d'un essai Vérités inavouables de Jean Genet, Seuil, 2004. Nous y reviendrons car ces lectures, assez idéologiques, réclament un débat qui n'a pas eu lieu, à notre connaissance, du moins dans le milieu universitaire. Nous invitons les lecteurs de ce site à donner leur opinion, de la façon la plus objective et argumentée possible.
Pour notre part, ( Patrice Bougon) nous allons proposer une lecture de ce livre et de cet article bientôt.
Japon, le 15 mai 2006
Un très beau coffret multimédia, comportant cd-dvd et livre, est paru, sous le titre Jean Genet Un chant d'amour, le 10 avril 2006. Publié par les soins de Raphaël Caussimon, par EPM diffusion, 188 boulevard Voltaire,75011 Paris. Tél : 01 4024 0103. Prix : 39 euros.
Avec la participation, entre autres, d'Albert Dichy, Leila Shahid, Roland Dumas, Hélène Martin, Bertrand Poirot-Delpech, Michel Corvin, Marine Jaffrézic. Le seul film de Genet, Un chant d'amour, 1950, 25 minutes et les entretiens, diffusés jadis par la télévision, entre Genet et Bourseiller, puis avec Poirot-Delpech sont contenus dans ce coffret qui doit donc être salué. Nous y reviendrons avec précision, dès que nous le recevrons.
Japon, le 11 mai 2006
Le 15 avril 1986, Jean Genet est mort, et on peut supposer que plusieurs colloques auront lieu, en France et à l'étranger nous allons les signaler. Que ceux qui les dirigent, soient aimables de nous envoyer toutes informations utiles merci.
Un événement important à signaler est l'exposition Jean Genet du Musée de la ville de Tours.
du samedi 8 avril 2006 au lundi 3 juillet 2006
Le Musée des Beaux-Arts de Tours en collaboration avec l’Institut Mémoires de l’Edition Contemporaine accueille une exposition consacrée à Jean Genet, décédé en 1986.
Cette première exposition de grande envergure consacrée à cet écrivain à la vie tumultueuse présente les thèmes majeurs qui peuplent l’œuvre de Jean Genet. La colonie pénitentiaire agricole de Mettray en Indre-et-Loire, le théâtre, la musique, l’art, le cinéma ou encore l’homosexualité sont abordés pour retracer la vie et l’oeuvre de Genet.
Des photos, des vidéos, des manuscrits, des lettres et des portraits sont proposés au public. Des concerts, des lectures, des projections de films et des conférences sont programmés pour approfondir la découverte ou la re-découverte de cette personnalité littéraire atypique du 20ème siècle.
- extrait de la présentation de presse -
Infos pratiques : Au Musée des Beaux-Arts,
18 place François Sicard
37000 Tours.
Tél. : 02 47 05 68 73.
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 12h45 et de 14h à 18h.
Japon , 10 mai 2006
Jean Genet, Volume collectif paru aux Editions Farrago, 13 avril 2006. En attendant de recevoir l'ouvrage pour en rendre compte, voici la présentation de l'éditeur de ce livre qui est aussi le catalogue de l'exposition Jean Genet présentée au Musée des Beaux-Arts de Tours du 8 avril au 3 juillet 2006: Loin de vouloir imposer à Genet la contrainte d'une célébration dont, en effet, il n'aurait que faire, les auteurs de ce catalogue, Christophe Bident, Antoine Bourseiller, René de Ceccatty, Pierre Constant, Michel Corvin, Lydie Dattas, Albert Dichy, Thierry Dufrêne, Kadhim Jihad Hassan, Marie Redonner, Ghislain Uhry, témoignent de la force d'une œuvre aussi brûlante qu'au premier jour. Une riche iconographie regroupant notamment un certain nombre de manuscrits et la publication de remarquables pages.
La revue anglaise, Paragraph a publié un numéro spécial que nous n'avons pas encore reçu, mais qui est, n'en doutons pas, de bonne qualité, au vu du sommaire et du nom de son éditrice, bien connue des spécialistes. Genet, Edited by MAIRÉAD HANRAHAN. (Paragraph, 27.2). Edinburgh University Press, 2004. 145 pp. Pb £18.95.
Sur la polémique concernant Jean Genet et l’antisémitisme
Depuis quelques mois, Eric Marty, connu notamment pour ses travaux sur Gide et Barthes, défend une thèse assez provocante : l’œuvre non-théâtrale de Genet témoignerait, selon ses termes, d’un "antisémitisme halluciné".
En publiant Jean Genet à Chatila, dans Les Temps Modernes, N°622, décembre 2002-janvier 2003, puis en mars, un essai intitulé Bref séjour à Jérusalem, collection L’infini, Gallimard, qui reprend cette longue étude de cent pages, enfin en avril 2003, Jean Genet dramaturge ou l’expérience de l’Autre, Critique, n°671, avril 2003, p. 252-265, cette thèse se donne à lire selon une argumentation qui mérite le débat.
Contrairement aux livres publiés sur Genet depuis cinq ans, l’étude et le livre de Marty ont un grand écho. Un article de Patrick Kéchichian dans Le Monde, puis les revues Art Press et Les Inrockuptibles, de mai 2003, ainsi que l’émission Répliques, sur France Culture ont permis à Eric Marty de défendre cette thèse.
Albert Dichy, dans un article du Monde, daté du 3 avril 2003, a contesté la lecture de Marty. Le co-éditeur, avec Michel Corvin, des oeuvres théâtrales de Genet, dans la collecion de la Pléiade, a dialogué avec Eric Marty et Alain Finkelkraut, dans l’émission dirigée par celui-ci, sur France Culture, Répliques, diffusée le 12 avril 2003.
Souhaitons que le dialogue continue et s’ouvre plus largement à d’autres chercheurs. Nous renvoyons aux articles de Sylvain Dreyer, le seul universitaire ayant répondu aux thèses de Marty et Jablonka, de façon critique. Voir la rubrique Essais
Pour notre part, nous allons rendre compte du livre et de l’article de Marty afin de poser, plus largement, des questions de méthode, dans la mesure où le rapport entre politique et littérature est en jeu, en d’autres termes, celle de la responsabilité de l’auteur, mais aussi, celle du lecteur.
Patrice Bougon, le 6 mai 2003
Nous avons reçu le petit livre Jean Genet. Portrait d'un marginal exemplaire, de la collection Découvertes Gallimard, 2002. Disons d'emblée qu'en 128 pages, la présentation d'Arnaud Malgorn accomplit parfaitement sa mission d'introduction à la vie et à l'oeuvre de Genet. L'iconographie est bien choisie, certaines photographies sont inédites, la bibliographie est précise. Nous y reviendrons.
Patrice Bougon (17/02/2003)
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